Je viens de lire le post d'
Arthur fêtant l'anniversaire de son départ à Los Angeles il y a un an. Matoo y laisse un commentaire très juste sur les voyages que beaucoup d'entre nous ont fait vers la vingtaine.
Moi, je me souviens encore du mien aujourd'hui, pourtant c'était il y a un certain nombre d'années. J'étais parti au Mexique, en aventurier, parce qu'à 21 ans, rien ne nous fait peur et tout nous excite.
Je suis donc parti au Mexique. Oh, pas 9 mois, mais 1 mois et demi avec mon sac à dos sur l'épaule. J'y ai rejoint mon frère qui à l'époque vivait là-bas. Et tous les deux (quatre avec deux amis à lui), nous nous sommes aventurés sur les chemins mexicains, à la découverture du sud de ce pays magique. Rien de prévu, de planifier, aucun hôtel ou camping réservé, aucun billet de train, de bus ou d'avions achetés par avance. Notre seul guide, un bon vieux classique Routard. En bref, l'aventure, la vraie.
Encore aujourd'hui, je me souviens de tout. Je me souviens du pollo-arroz-frijoles, déjeuner quotidien de notre périple (non pas que ce fut excellent mais surtout que c'était le plat le moins cher !), des panaderias à se faire péter la panse de toutes sortes de viennoiseries mexicaines. Je me souviens des marchés colorés de produits inconnus (les sauterelles grillées, j'ai testé pour vous...), de l'odeur de la pluie tropicale noyant un sol asséché, de la végétation luxuriante qui illuminait mes yeux tel un enfant le matin de Noël. J'entends encore les singes-hurleurs à Palenque, criant de leur cri atypique à toute heure du jour et de la nuit. Je vois encore ce lézard à collerette dévalait entre mes jambes et moi, interloqué par cette vision totalement inconnue. Je me souviens de toutes ces rencontres, de mon espagnol que j'ai largement amélioré, de la nonchalance des mexicains, de leur gentillesse et de leur manière de prendre la vie (oubliez toute montre et toute volonté à respecter des horaires). Que dire alors de nos nuits dans des hamacs sur une plage du Pacifique, du lever du soleil sur une plage caraïbéenne, de cette tempête de sable nocturne qui a couvert d'un large tapis de sable le sol de notre bungalow. Je rie encore en pensant à nos voyages en bus, et notamment dans ce vieux bus déglingué rempli de mexicains, de poules, de paquets en tout genre avec ses sièges valsant au gré des virages serrés des routes montagneuses mexicaines. Et surtout, je me souviens encore de mon émerveillement devant ces sites éternels et majestueux, affichant avec fierté un passé glorieux oublié.
Pourquoi de tels souvenirs ? Sans doute parce que ce voyage correspond à un moment de ma vie où je commencais à m'affirmer et à m'accepter comme je suis. Parce que cette aventure constituait un véritable défi : se détacher de ma culture, ma manière de penser, de vivre et d'agir.
Oui, je suis tombé amoureux de ce pays, amoureux de ce qu'il a de plus beau et amoureux de tous ses défauts. Ce voyage restera dans mon coeur jusqu'à ma mort, ce pays hantera me rêves jusqu'à mon dernier soupir, j'aurai encore envie de le revoir, encore et toujours... Et tant mieux. Ce voyage m'a fait progresser, j'en suis sorti grandi, mûri, encore plus "nomade" comme dirai Benjamin, encore plus prêt à faire ressortir le meilleur de tout ce qui m'entoure comme le dit mon Aurel chérie.
Mexico, Oaxaca, Puerto Angel, San Cristobal, Palenque, Tulum, Merida, Chichen Itxa, Uxmal, Veracruz... Ces noms résonneront à toujours dans ma tête et dans mon coeur.