mercredi 7 mai 2008

Vers un nouvel ordre mondial ?

Pour une fois un post sérieux.

Depuis quelques semaines, les médias se font l’écho des diverses manifestations de populations en proie à la famine : Egypte, Haïti, Sénégal, Guinée... La cause de ces manifestations : la hausse vertigineuse des denrées alimentaires de base (riz, maïs, lait, sucre…). Certains pays comme l’Indonésie et la Thaïlande ont même imposés des restrictions sur l’exportation du riz.

Selon la Banque Mondiale, 33 pays sont menacés d’émeutes alimentaires. Quelles raisons à ces hausses subites des prix ? Des mauvaises récoltes suite à divers évènements climatiques (sécheresse, inondations) en sont la principale raison. Mais aussi d’autres facteurs tel que l’augmentation de la population de pays en voie de développement « avancé » (la Chine par exemple) dont les populations deviennent consommatrices de ces produits à un niveau proche des pays développés ce qui entraîne, de facto, une hausse manifeste de la consommation de ce type de denrées.

D’autres facteurs plus problématiques expliquent cette crise. Ainsi, face à l’augmentation du prix du pétrole et au réchauffement climatique inéluctable qui se profile, il a été nécessaire de trouver des moyens de consommer moins de pétrole et de trouver des solutions de remplacement moins polluantes. C’est ainsi que ce sont développer les bio-carburants. Le problème, c’est que les surfaces cultivables de maïs, soja, colza ont fortement augmentées mais non pas en vue de produire une denrée consommable d’un point de vue alimentaire mais d’un point de vue énergétique. Ainsi, aujourd’hui un quart de la production de maïs américaine est consacré à la production de biocarburant. Le résultat est sans appel : moins de maïs consommable sur le marché. Mais comment concilier protection de l’environnement et aide aux plus démunis ?

A cela s’ajoute la spéculation à outrance sur le marché agricole qui permet de réaliser des profits non négligeables. En effet, face à la crise des crédits immobiliers qui a entraîné de fortes perturbations sur les marchés boursiers classiques, la spéculation sur les denrées de premières nécessité s’est avéré être une très bonne opération (il suffit que la moindre rumeur sur une mauvaise récolte soit annoncé pour que les cours du riz augmentent de façon sensible).

Les solutions sont minces. L’aide sous forme alimentaire n’est qu’un simple pansement permettant de remédier à une situation à un moment T. Mais cette crise devant s’inscrire sur une durée bien plus longue, c’est toutes les politiques agricoles qui sont à repenser. Les institutions internationales ont leur part de responsabilité. Le FMI a accordé des aides financières aux pays pauvres à condition que ces derniers s’adaptent à l’économie de marché et revoient leurs modèles économiques. Ainsi, ces derniers ont du peu à peu abandonner l’agriculture qui représentait une partie très importante de leur économie pour se recentrer sur des activités industrielles ou tertiaire. En outre, s’agissant de l’activité agricole, le FMI a par exemple tenu à ce que ces pays développent une agriculture à vocation exportatrice plus qu’à vocation de consommation interne : le résultat est sans appel, ces pays exportent d’avantage qu’ils ne consacrent leurs récoltes à leur consommation interne. Cependant, cette politique du FMI était compréhensible dans un système mondial fondé sur l’économie de marché.

Aujourd’hui, en plus de cette crise alimentaire s’installe une crise économique. Le modèle même du système capitaliste semble arriver à bout de souffle et de ce fait, les pays les plus pauvres sont durement touchés par ces évènements macro-économiques.

Le monde semble complètement désarmé face à ces crises. Les solutions utiles et efficaces ne sont que des solutions à long terme qui demandent une aide financière importante aux pays les plus pauvres afin que ces derniers modernisent leur économie et puissent s’affranchir de la tutelle des institutions internationales et des pays développés.

Mais le problème majeur reste qu’il sera difficile de faire financer ces programmes par des pays développés confrontés eux-mêmes à des difficultés économiques. Un américain lambda ne comprendra certainement pas que l’on consacre des millions de dollars à l’aide aux pays pauvres alors que lui-même est surendetté et confronté à la hausse des matières premières. Idem pour un français qui s’inquiète avant tout de la hausse de son pouvoir d’achat.

Pourtant, cette aide à long terme est essentielle. Car en aidant ces pays à se développer et à assurer leur propre survie, en érigeant des modèles économiques stables, en éduquant leur population, en garantissant un système de santé suffisant pour éradiquer un grand nombre de maladies, nous leur offrant la possibilité de s’affranchir de la tutelle et de l’aide des pays développés et des organisations internationales et à développer des politiques financières suffisamment fortes pour se prémunir contre les risques spéculatifs. Et c’est alors d’autant plus de millions de dollars économisés qui pourront être consacrés à d’autres causes.

1 commentaires:

Le Berrichon en Amerique a dit…

J'ai la solution: la mondialisation des 35h!